Allez les yeux invisibles vers le beau.

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02/11/2015

Qu'est-ce qu'aimer...

aimer,philosophes,définitions,éthique,platon,tolstoï,descartes schopenhauer,,spinoza,amour,voies,passion,réflexion,comprendre,savoir,connaîtreDepuis l’Antiquité, l’Amour occupe les philosophes. C’est grâce à Platon, grâce à son Banquet, que la question a acquis ses lettres de noblesse. L’amour, au sens général, est un élan du coeur qui nous porte vers un être. On peut même parler d’une philosophie de l’amour (comme on parle de la philosophie du vivant ou de la connaissance).

La Philosophie de l’amour est le domaine de la philosophie sociale et l’éthique qui tente d’expliquer la nature de l’amour. L’enquête philosophique de l’amour cherche à distinguer les différentes sortes d’amour ; se demande si et comment l’amour est / peut être justifié ; interroge  la valeur de l’amour ainsi que les rapports entre aimés.

Définitions particulières sur l’amour :

– Platon : “Toute aspiration en général vers les choses bonnes et vers le bonheur, voilà l’Amour”

– Tolstoï :L’amour a toujours pour base le renoncement au bien individuel”

– Descartes : “L”amour est une passion qui peut naître en nous sans que nous apercevions en aucune manière si l’objet qui en est la cause est bon ou mauvais”

– Spinoza : “L’amour n’est autre chose qu’une Joie accompagnée d’une cause extérieure”

– Schopenhauer : “L’amour est un piège tendu à l’individu pour perpétuer l’espèce”

08/07/2015

Philosophie analytique...

philosophie,analytique,méthode,pensée,questionnement,intuitive,raisonnement,sens,réflexions,comprendre,savoir,connaître,philosophesDes philosophes se sont dits et se disent encore analystes, à Cambridge, Lwow, Varsovie, Vienne, Prague, Oxford, Pittsburgh, Princeton... Avec l'appellation, ils ont en commun l'idée qu'un certain type d'analyse est philosophique, voire que la philosophie est analyse. Les maîtres mots : « phrase », « proposition », « signification », soulignent aussitôt le caractère linguistique de l'entreprise. On ne la confondra donc pas avec la résolution d'un concept à l'aide de jugements analytiques, ou avec l'analyse transcendantale de Kant, ou encore avec l'analyse philosophique de Lagneau.

Traditionnellement, les philosophes ne s'accordent ni sur la nature de leurs problèmes, ni sur le genre de solutions qui leur convient, ni sur le type de preuve qui caractérise leur argumentation. Le plus clair résultat de la « révolution » analytique, comme on a appelé la réaction anglaise à quelque cinquante années d'hégélianisme, aurait été de réduire un peu et pour un temps l'ampleur du désaccord. On aurait pris une idée plus précise de l'activité philosophique, plus unifiée de son modus operandi et de son domaine. Les questions philosophiques, typologiquement distinctes des questions empiriques comme des questions formelles, appelleraient une clarification logique de la pensée et par là une illumination de la nature ultime des faits. Une nouvelle méthode aurait été découverte, l'analyse, à ne confondre ni avec l'analyse matérielle du savant, ni avec l'analyse formelle du logicien. L'objet de la philosophie serait ce qui a été techniquement appelé un domaine de second degré (a second-order subject). Entendons que son affaire n'est pas de décrire, d'expliquer ou de changer le monde, ou même de produire des énoncés d'un nouveau genre, mais d'apporter une analyse de la signification des énoncés scientifiques et du sens commun que l'on ne met pas en doute. Les analystes ne prétendent pas décourager les approches intuitive et spéculative ; ils se soucient du reste fort peu d'en débattre avec la philosophie continent […]

 

source... "Encyclopédie universalis"

29/08/2014

Trois maîtres de vie... (28)

Lenoir,socrate,jésus,bouddha,philosophes,philosophie,essai,réflexions,savoir,connaître,comprendre... Que faut-il retenir de cet ensemble de textes ? Son objectivité - il prétend rapporter littéralement les paroles du Bouddha - est évidemment aléatoire. D'une part, parce que en dépit des capacités mnémotechniques surdéveloppées des moines il est tout à fait naturel qu'au fil des générations des altérations, des omissions, des ajouts, des enjolivements, des précisions, aient été apportés au discours d'origine. Par ailleurs, les moines ont probablement imprimé sur ces enseignements en pali la marque de leur école, le Theravada, à un moment où les divisions apparaissaient au sein du bouddhisme. Une fois ces réserves émises, il faut néanmoins reconnaître un substrat historique aux textes pali. Les descriptions indirectes qu'ils font de l'Inde religieuse des VIe et Ve siècles avant notre ère sont corroborées par d'autres sources non bouddhistes, notamment par les textes du jaïnisme, religion légèrement antérieure au bouddhisme. Mais, surtout, les précisions qu'ils fournissent au sujet du védisme, la religion dominante de l'époque constituent à elles seules une preuve que ces textes n'ont pas été inventés de toutes pièces au tournant de notre ère, ni même dans les deux ou trois siècles qui l'ont précédée : le védisme avait en effet alors cédé le pas à ce que l'on appelle aujourd'hui l'hindouisme. Par ailleurs, les détails historiques que recèlent les textes pali - qui citent des noms de rois ayant effectivement existé à cette époque, comme Bimbisara souverain du Magadha, qui décrivent aussi l'émergence de la vie citadine en des lieux précis, des strates sociales, des conventions usitées -, tous ces détails sont corroborés par les archéologues et les historiens. Cette abondance de précisions historiques avérées confirme l'existence d'un substrat réel aux pérégrinations, gestes et paroles du Bouddha tels qu'ils sont rapportés par la tradition.

 

(Extrait de "Socrate, Jésus, Bouddha" de Frédéric Lenoir - Ed."Fayard" - 2009)

 

à suivre...

06/05/2014

Peut-on compter sur la démocratie ?...

14/08/2013

Nouveau Monde... (1)

Dans cette nouvelle rubrique « Nouveau Monde », je donnerai la parole à ceux qui ont souci de changer le « monde », philosophes, écrivains, poètes, biologistes, écologistes… Ceux dont la parole change du train-train quotidien, ceux qui ont quelque chose de novateur à annoncer sur le plan de la planète. Il y aura aussi bien des textes d’écrivains, des interviews, des vidéos, des extraits d’émissions télé. À tout honneur : Pierre Rabhi ouvre le bal... « prophète d’une “spiritualité concrète, ce pionnier d’une révolution écologique tranquille s’adresse aussi bien aux hommes en lutte contre la désertification de leurs terres qu’à ceux qui découvrent la désertification de leur âme”...



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Avant-propos



Bien des explorateurs européens ont relaté leurs aventures à travers les continents qui n'étaient pas les leurs, pourquoi moi, africain, ne rendrais-je compte de mon itinéraire presque forcé à travers le continent matériel et culturel de la nation française ?

Ce moi qui n'a pas eu de choix est-il issu d'un acte d'amour entre deux civilisations ou d'un viol de l'une par l'autre ? Devait-il se réclamer de la culture islamique et quasi féodale ou de la chrétienté moderne ? Devait-il bâillonner le primitif ou "L'évolué" ? Une issue existe-t-elle en dehors des reniements pour celui qui n'est plus adapté à son propre terreau d'origine et ne le sera jamais tout à fait celui de son pays d'accueil ?

Telles ont été mes questions jusqu'au jour où j'ai compris que les conflits et l'ambiguité dont je souffrais étaient les mêmes que ceux dont souffre la planète entière. Krishnamurti me désigna les religions organisées, le nationalisme, les idéologies, la valorisation raciale et culturelle, le culte du drapeau, des diplômes et de la compétition, comme autant d'éléments de division et, par conséquent, de raisons d'entretenir le meurtre permanent avec lequel et duquel nous vivons.



(Extrait de "Du Sahara aux Cévennes" de Pierre Rabhi - Ed. "Albin Michel - 1995)


à suivre...


(Place au Nouveau Monde...)

06/07/2013

Humour...(2)

08/12/2012

L'amour...

platon,dialogue,philosophes,philosophie,amour, réflexion,comprendre,savoirLe Banquet, un dialogue sur l’amour

Dans l’œuvre philosophique de Platon, il est question de l’amour dans leBanquet et Phèdre. Ce Banquet ce justifie par le fait qu’Eros semble avoir été délaissé, contrairement aux autres Dieux, des éloges faites par les poètes.

Le Banquet met en effet en scène plusieurs personnages censés donner chacun leur tour leur vision de l’amour, sur sa nature et sa définition. Eros, philia et agape (les trois mots grecs pour dire “amour) seront les sujetsprincipaux de ce dialogue platonicien.

Nous analyserons donc les conceptions de l’amour chez chacun de ses personnages :

Phèdre et l’amour :

Phèdre est le premier à prendre la parole. Il annonce qu’Eros, dieu de l’amour, est le Dieu originel, le plus ancien. Eros est central dans la vie de chacun, car il est le lien entre l’amant et l’aimé; rien n’est plus grand qu’un amoureux digne. De ce lien provient, selon Phèdre, tout ce qui est noble, l’amour vrai est toujours pur. Une armée composée d’hommes unis de cette manière serait pratiquement invincible. Seuls les amoureux vont donner leur vie pour l’autre.

Pausanias et l’amour :

Pausanias va tenter une définition, car Phèdre n’a indiqué que les bénéfices de l’amour, et non sa nature. Il va dégager la nature double de l’amour, à la fois bonne et mauvaise.

Il souligne qu’il existe un autre dieu (dont Phèdre n’a pas mentionné l’existence), étroitement lié à Eros – c’est Aphrodite. Si Eros est le dieu du désir sexuel, Aphrodite est la déesse de la satisfaction sexuelle. S’il peut y avoir aucune relation sexuelle sans désir, il s’ensuit qu’il doit y avoir deux Eros.

Pausanias distingue deux attitudes envers le sexe et le désir sexuel. Il y a ceux qui, inspirés par Eros, ne sont intéressés que par une gratification sexuelle, leur désir est indistinctement dirigé vers les hommes, les femmes et les jeunes garçons, sans engagement durable. Dans le fond, Pausanias annonce qu’il y a deux Eros, mais n’en définit qu’un seul. Et c’est l’usage qui est fait d’Eros qui est bon ou mauvais, et non Eros en lui-même.

A noter que Pausanias fait également l’éloge de l’homosexualité.

Eryximaque et l’amour

:

De loin le discours sur l’amour le moins intéressant.

Médecin, il analyse son oeuvre à la lumière de sa science. Il défend l’idée selon laquelle c’est la médecine, en tant que recherche de la concorde et d’harmonie dans le corps, qui sert le mieux Eros (avec la musique et la gymnastique). La médecine cherche sans cesse à réconcilier l’amour mesuré et l’amour excessif.

Le discours d’Aristophane :

La théorie de l’Amour d’Aristophane est la plus poétique, métaphorique.

Aristophane imagine un temps où les hommes étaient double, hermaphrodite en quelque sorte. Chaque individu a deux visages et deux appareils génitaux. Il résulte de ce dernier qu’il y avait trois genres sexuels : le tout-masculin (deux jeux d’organes génitaux masculins), le tout-féminin (deux jeux de sexe féminin) et hermaphrodites (un jeu de chaque). Ces hommes étaient tellement puissants qu’ils eurent l’idée d’attaquer les dieux. Zeus décida donc de réduire leur pouvoir en les divisant : les hommes n’avaient plus qu’un visage, deux bras, deux jambes – et un seul organe génital, ce qui signifie qu’il ya maintenant seulement deux genres.

Les pauvres humains étaient désemparés et mirent à la recherche de leurs moitié, leur partie manquante.  C’est à ce moment qu’Eros intervient : Eros est la force qui nous aide à retrouver notre moitié.

Le discours d’Agathon :

Eros est le plus heureux des dieux, le plus beau, le meilleur. Agathon contredit directement Phédon en affirmant qu’il est le plus jeune, pas le plus ancien des dieux, car il déteste la vieillesse et recherche la jeunesse. L’amour ne connaît, selon Agathon, ni violence car il maîtrise les désirs, ni injustice car il met de l’harmonie partout.

Le discours de Socrate :

Socrate parle ensuite, mais c’est pour se faire le porte-parole de Diotime. Mais avant cela, il utilise la méthode de questionnement socratique (maïeutique) sur Agathon, avec la logique suivante :

- L’amour est l’amour d’un objet.

- L’amour est désir de l’objet.

- On ne désire que ce dont on ne dispose pas (on peut désirer le maintien de ce que l’on a déjà).

- Celui qui aime ne détient pas l’objet de son désir.

Si Agathon a dit que “les dieux firent le monde à partir de l’amour des belles choses car il n’y avait pas d’amour de la laideur” alors Eros doit être l’amour de la beauté et non de la laideur. Et si Eros désire la beauté, c’est qu’il ne la possède pas. L’argumentation d’Agathon est ainsi détruite, et lui-même admet qu’il ne savait pas ce dont il parlait.

Socrate poursuit ainsi :

- L’amour ne possède pas les belles choses

- Les bonnes choses sont belles

- L’amour ne détient pas les choses bonnes

Socrate laisse finalement Agathon et procède à une description de ce qu’il a appris de Diotime sur l’amour.

Diotime révèle (en utilisant la même méthode d’enseignement dialectique) qu’il y a une zone intermédiaire entre la beauté et la laideur, tout comme, par exemple,  l’opinion se trouve entre la connaissance et l’ignorance. Eros n’est ni beau ni laid, ni bon ni mauvais, mais quelque chose entre les deux extrêmes. De même elle soutient, qu’Eros n’est ni un mortel ni un dieu, mais quelque chose entre les deux – celui qui opère la médiation entre les hommes et les dieux.

Diotime répond à la question de Socrate sur l’origine d’Eros avec l’histoire de sa naissance. Il est le fils de la pauvreté et de la richesse. Eros oscille donc entre les deux.

Diotime nous fait découvrir la cause de l’amour et du désir, qui est commun aux animaux et aux hommes, et qui leur fait engendrer et nourrir et protéger les choses qu’ils détiennent, même si cela leur coûte la vie. Ce désir est évidemment causé par le désir d’immortalité.

Voici donc l’échelle qui doit être montée pour atteindre le sommet de l’amour :

- Trouver un seul corps et l’aimer

- Apprécier la beauté de tous les corps

- Apprécier la beauté des âmes

- Trouver la beauté dans les lois

- Trouver la beauté dans la connaissance

Il y a donc une ascension du sensible (les beaux corps) vers l’intelligible (l’idée du Beau). L’amour est une expérience positive pour le philosophe car elle permet de se tourner vers le Ciel des Idées, monde de la connaissance et de la sagesse.