12/10/2011
D'un Corps à l'Autre (Chapitre 2)... (10)
Chapitre 2 "Y retourner"... (10)
Je me trouvais dans l’estomac d’où je sortais péniblement, puis je tombai, malgré moi, dans le rectum, zut ! me disais-je vexé. Je me couchai pour me reposer un peu lorsqu’un grand fracas se fit entendre. J’étais encore une nouvelle fois extirpé de ce corps par la faute d’un énorme pet, j’étais dans le néant. Ma détermination était, elle, intacte ; je retournerai dans ce corps, je voulais savoir, explorer, comprendre cette anatomie si riche, si passionnante à découvrir. Une main secourable (la main du néant, le néant possède une invisibilité parfois palpable qui vous fait sortir, parfois, du vide pour vous y remettre). Combien de fois le vide se confie lorsque l’on sait l’écouter, je dressai une oreille attentive, il me glissa : « Veux-tu que je vienne avec toi ? », sa question me laissait perplexe . Je lui répondis : « Pour quelle raison ? », sa réponse fut étonnante : « Pour voir s'il y a du vide en elle ». Je lui fis cette proposition : « Entre dans ma besace », et nous partîmes à la recherche d'une pharmacie. Une pharmacie, il n'y en a pas à chaque coin de rue, même dans le néant où je n'avais pas envie de passer une journée entière à me morfondre. J'avais donc pensé à utiliser le même moyen de locomotion que pour le voyage précédent pour atteindre les régions hostiles de ce monde décidément récalcitrant à ma venue.
("D'un corps à l'autre" de Franck Roy - Editions "Pays d'Herbes" - 2006)
07:22 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : corps, femme, intérieur, voyage, savoir, réflexion, comprendre, humour, détente, écrivain, livre
10/10/2011
Poème du Jour...
POETES
La tristesse des illetrés dans les ténèbres des bouteilles
L'inquiétude imperceptible des charrons
Les pièces de monnaie dans la vase profonde
Vit le poète solitaire
Grande brouette des marécages.
( Poème de René Char)
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06/10/2011
La Lumière sur le Sentier... (12)
Lire, dans les sens occulte du mot, c'est lire avec les yeux de l'esprit. Demander, c'est éprouver la faim intérieure, le besoin passionné des aspirations spirituelles. etre capable de lire signifie avoir obtenu, à un faible degré, le pouvoir de satisfaire cette faim : lorsque le disciple est prêt à apprendre, alors il est accepté, reçu, reconnu. Il doit en être ainsi, car il a allumé sa lampe, laquelle ne peut cachée. Mais il est impossible d'apprendre avant que la première grande bataille ait été gagnée.
(Extrait de "La lumière sur le sentier" de Mabel Collins - Ed. Adyar)
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04/10/2011
Proses des ivresses... (17)
Fruit du travail de la réalité, nous sommes tous comme des composants naturels de la nature ; le système élémentaire de notre force au réel délivrée de son apesanteur dans l’espace-temps. Tu disais que : « La quiétude n’est pas une fin en soi », mais tu disais aussi : « Que l’inquiétude crée de la peur ». Sachant que ce monde va ainsi, la force dont tu pourras en tirer pourrait suffire à satisfaire la convergence de ton moi intérieur avec l’autre. Que ce qui transforme ton être ne puisse être en aucun cas source à une méditation profonde, mais ce que l’on en fait, sage relaxation de l’esprit vers les manifestations les plus audacieux de ton incommensurabilité à te fondre en toi-même ! Présence intrinsèque de l’existence sur ta vie dans ce qu’elle a de plus riche, puissance de ta reconnaissance alors de ta personne avec ta conscience dans l’effort de celle-ci à te comprendre. J’aime à dire : « Que la conscience devient une vérité dès lors qu’elle s’accomplit dans sa plénitude. » Tous les canaux de ton intelligence sont en équation avec l’éveil que cela suscite dans le réel, toutes divergences néfastes sont obstruées aux abords de l’esprit par la seule distraction de l’indifférence à toi-même. Mais assure-toi que la délivrance se fait par ton abnégation à vouloir libérer tes sens. Tu proféreras dès lors que la soumission au désir est plus lente que sa souffrance à naître. Le parfait éveil te révélera à ta présence reconnue, les apparences flatteuses seront les clés. Le fil vital de nos existences se médite dans l’épanouissement de l’être et dans sa capacité à comprendre les cycles de celle-ci. Tu pourras dire alors : « Que ceux qui parviendront à atteindre leur identité propre seront les seuls à comprendre que la vie est bien plus forte que la mort.
(Prose inédite de Franck Roy à paraître dans "Chemins escarpés")
04:05 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : prose, inédit, réflexion, recueil, littérature, franck roy, ivresse
02/10/2011
Rentrée Littéraire... Philip Roth
Pour le plaisir la première page du roman de Philip Roth "Le Rabaissement" chez Gallimard rentrée littéraire oblige...
" Il avait perdu sa magie. L'élan n'était plus là. Au théâtre, il n'avait jamais connu l'échec, ce qu'il faisait avait toujours été solide, abouti. Et puis il s'était produit cette chose terrible : il s'était soudain retrouvé incapable de jouer. Monter sur scène était devenu un calvaire. au lieu d'être certain qu'il allait être extraordinaire, il savait qu'il allait à l'échec. Cela se produisait trois fois de suite et, à la troisième, cela n'intéressait plus personne, personne n'était venu. Il m'arrivait plus à atteintre le public. Son talent était mort.
Bien sûr, si on en a eu, il vous reste toujours quelque chose que personne d'autre ne possède. Je serai toujours différent de tous les autres, se rassurait Axler, parce que je suis qui je suis. J'ai cela en moi, et les gens s'en souviendront toujours. Mais le charisme qui avait été le sien, toute son originalité, ses singularités, ses traits distinctifs, tout ce qui avait fonctionné pour Falstaff, Peer Gynt et Oncle Vania, et qui avait valu à Simon Axler d'être reconnu comme le dernier des meilleurs comédiens américains du répertoire classique, rien de tout cela ne marchait plus, quel fût le rôle."
04:05 Publié dans Littérature | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : roth, écrivain américain, livre, roman rentrée littéraire
01/10/2011
Proses des ivresses... (16)
De l’accomplissement vers la transcription se situe notre moi exposer qui fusionne de l’inconscient vers la conscience comme repère. De là naissent toutes choses de l’imaginaire vers la lumière infinie. Préliminaires de la libération du temps dont la faculté est d’être le moment privilégié de l’écoute de nos sens dans l’attachement d’eux-mêmes. Libres, nous allons dans l’intervalle du pouvoir de vérité et en harmonie avec soi. Grâce à cette expérience, la vie est toute promise au don que celle-ci nous donne. Le corps et l’âme prolongent le sens naturel dans la compréhension de la vie, de cette existence offerte à ta respiration interne et intime, celle dont émerge la vie réelle. La quiétude du bonheur intervient alors, d’où l’accomplissement de tes actes comme une prédisposition au bien-être, proche à cultiver l’esprit dans une lumière claire et jaillissante. Présence éveillée, lumière immuable dépossédée des démons de la nuit, essence limpide qui explose à ta sagesse spontanée et démonstrative. Compassion du besoin vers la pratique et connaissance de l’autre refuge du moment d’un lieu sûr et serein d’où surgissent des bienfaits immenses. Ordre familier de la conception du monde en simultanée avec nos consciences qui nous prédisposent à l’être dans son devenir par l’agrégat de nos sentiments. À ce moment, le cycle des existences s’accélère pour nous plonger dans un nouveau matin calme et bienheureux !
(Prose inédite de Franck Roy à paraître dans "Chemins escarpés)
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28/09/2011
Proses des ivresses... (15)
Venait le moment de rentrer, de choisir parmi les herbes séchées, celles dont il allait préparer l'infusion. Il connaissait les herbes médicinales. Il aimait celles qui avaient poussé là où toutes les autres renoncent, sur des terres rocailleuses et arides où se perpétuent comme en osmose minérale des plantes ingrates et noueuses. L'hiver, il ranimait une grosse bûche, faisait chauffer l'eau à même le feu. Souvent, il oubliait, s'absorbait dans la flamme, se posait la question du premier homme qui avait vu le feu mais il ne savait plus si cela était folie ou histoire. La flamme qui dansait, la braise qui rougeoyait, lui penché sur le foyer, la chaleur sur ses cuisses. Il retardait, refusait tout mouvement. Il restait là à regarder des villes étagées et momunentales bâties comme des temples au centre d'invisibles empires et qui s'effondraient, s'éboulaient, se délitaient presque, gagnaient la cendre, déclinaient, s'éteignaient comme des îles lointaines, océanes ou cosmiques. Le bruit de l'eau l'éveillait alors et il se secouait, perplexe.
(Prose de Yves Buin - extrait de "Maël" - Ed. Christian Bourgois - 1938)
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